refonte 20170104

Cela fait bien des mois que ce site n’a pas été touché. À elle seule, l’échéance de Votez la soupe le justifie. À bien y regarder, l’architecture même du site mérite d’être refondue. Certaines rubriques n’y ont plus leur place ailleurs que dans ce qui pourrait s’intituler « archives » mais pourquoi pas « poubelle ». D’autres, pourraient s’appeler « parcours d’états », « essais sociaux »,  c’est la vie : il y a des morts et des naissances. Ce serait dommage de ne leur faire place qu’au rang des anecdotes. Faudrait-il, par exemple consacrer autant de développement à la Fête des Tuiles « la tête au sud », qu’au deux passages de rond up sur le champ d’en face, ou à l’éveil d’une fillette qui découvre qu’il existe des oiseaux peintres? Ce qui transforme, est parfois indicible, trop intime pour s’exposer sur l’espace publique, et ce site en est un. Mais n’est-il pas aussi dans sa vocation de témoigner, d’inviter, voire de dénoncer? Et puis, c’est désormais visible et statistique, ces mots sont lus, non pas qu’ils soient si importants que cela, mais ils participent.

Un peu à l’image de notre association, troupe, groupe, qui parfois s’éveille et se dresse en toutes couleurs, et dont le fonctionnement, par contre, est chaotique : la refonte s’impose. On pourrait s’en tenir à l’idée que les forces et les faiblesses se révèlent au fil des événements. Mais d’abord, l’événement majeur, n’est pas toujours tapageur (une lumière matinale par exemple, qui vous incite à croire que tout est possible). Et autour de l’événement il y a toujours un avant et un après, c’est-à-dire un mouvement, fait lui -même d’une multitude de micro-mouvements, un peu comme la lumière et ses millions de scintillements, de secondes en minutes, jusqu’à ce que l’on s’y abandonne à un instant T , puis qu’on en parte, avant la fin, ou trop longtemps après. A t-on, soi-même scintillé ?

2016 a été une véritable suite de bonheurs, de déconvenues et de fatigues, avec ce qui communément se nomme des succès et des échecs, une vie d’animatrices et d’animateurs, avec ce fameux regard sur un monde auquel on s’invite, et qu’on a du mal à de-amalgamer de nos rêves et cauchemars privés. En terme de scintillement le résultat serait discutable. Dernièrement encore il était question de mobilisation d’équipage, de capitainerie fatiguée, de coque trop fine, de voilure en berne, et de cap incertain. Il fut rappelé que le projet n’était pas une barque mais une goélette, et que les charpentiers étaient les bienvenus, autant qu’un réparateur de boussole, et quelque apprenti à la barre. Est-ce la tempête annoncée aux portes du monde qui a couvert le son des réponses? Quoi qu’il en soit le silence s’est fait imposant. Notre présidence de paille s’en est justement faite le relais, et ce fût l’extinction des feux, le temps de trouver l’inspiration.

Au moment où ces mots s’écrivent, vous êtes invité(es)  à partager le point de vue que « la Serre à Orgueil », ne commence pas par une majuscule. Ainsi donc, la refonte bien qu’encore hésitante, est plus aisée : À défaut de solutions toutes faites, où d’une mire consensuelle, il va falloir chercher, douter, sûrement se tromper. Mais les buts restent les mêmes, notamment en matière socio culturelle. Il n’y a aucun abandon. Seule, la prise en compte du mouvement importe, pas seulement celui de la Serre à Orgueil et son insignifiante existence,  mais celui qui nous arrive en pleine gueule à toutes et tous :  la tempête et pour enjeu le salut de nos âmes et consciences (tout paradis mis à part).

La paix, en effet, n’étant pas au programme national ni mondial, c’est bien de tempête à venir qu’il s’agit. Ici dans nos campagnes, celui qui se prononcerait  pour le rétablissement de la peine de mort obtiendrait le pouvoir, et ne ferait qu’entériner ce que nos états appliquent au quotidien. Ailleurs la misère et le viol entretiennent notre industrie militaire, elle même pharmaceutique, médiatique, financière et agro alimentaire. Bien sûr, des gens de bonne volonté s’éveillent, voulant s’opposer à l’inéluctable. Mais que vaut une barque face à un cuirassé? Le mot a ses pouvoirs, certes, encore faut-il qu’il soit audible.

Faut-il se taire? la question s’est posée. Votre scribouillard de service doit l’avouer, le salut étant dans la fuite, il était raisonnable de baisser le pavillon. Quoi de plus humble en effet que d’être quelqu’un de normal, raisonnablement  rémunéré, rémunérant à mon tour quelques domestiques, propriétaire endetté, responsablement faux-cul déblatérant sur le monde et la société, du fond de mon fauteuil tout récemment re-designé, la main au clavier car à la peau désormais trop douce pour encore couper du bois? J’aurais balancé mes voisins, abusé de l’argent public, j’aurais flotté comme un bois mort et me serais plaint de mes douleurs, aurais appris à mes enfants la politesse avant le respect, n’aurais rien lâché de la modernité et du progrès, laissant aux castes bien diplômées le soin de me dire ce qui est important ou pas, pour qui ou quoi voter, où et qui polluer, tuer, mépriser, soumettre, et quand me taire.

Et c’est en cuisine que la réponse s’est imposée. Oui il faut se taire s’il l’on est incapable de mettre de l’amour dans l’assiette. et je me suis tu, un temps. Merci à celles et ceux qui ont pris le relais. Non, il ne faut pas abandonner, car sinon l’assiette est vide. C’est donc en barque, et sans corne de brume, que le voyage continue. Déjà il est question de caps et d’étapes. Le port-départ est là, à l’Albenc Beach. On en reparlera.

D’ici là donc : refonte, un peu, un voeu, tous les jours.

Ne l’oubliez pas : la tempête arrive, et ce monde est à nous.

28 janvier 2017, Votez la soupe, ensemble, partout!