Histoires et poésies retrospectives

La Serre à Orgueil a déjà un parcours de 6 années d’activités sociales, culturelles, artistiques, et culinaires. Nous allons introduire une partie de  l’historique dans cette rubrique.

Ce sera assurément plaisant, mais un peu long à faire. Aussi, venez faire un tour de temps en temps.

« +«  vous donne accès à plus d’images, des textes, des réflexions très philosophiques, (d’autres moins), des avis de recherche, des menus… Bien souvent il nous a semblé ouvrir le champ des possibles, relever des défis, nous dépasser. Vous trouverez peut être dans cette « histoire de… » quelques sources d’inspirations.

Merci à toutes et tous qui  contribuez à cette épopée.

Nous en mesurons le privilège.

(Zut, c’est là qu’il faudrait parler de statuts, C.A., P.V.,A.G, c’est promis on en y pense.)

20090928 inauguration

Et ça commence un 28 septembre 2009… en fait, bien avant, peut être là où l’orgueil a un tel effet sur le présent qu’on croit devoir en chercher des causes au passé. Erreur : dans le passé, on ne trouve que des choses gravées et figées, des fatalités, des fardeaux à porter et à imposer à autrui. Ce n’est pas non plus dans l’avenir, et ses mirages de bonnes intentions qu’on trouvera la moindre piste. Le présent nous invite à fuir et donc c’est la merde : L’orgueil adore ça. Que vous soyez cru(e) ou cuit(e), il vous dévore alors jusqu’à la moelle, et vous qui aviez pourtant juré d’être ni  juge ni victime, vous voilà les deux. Normal(e), vous êtes normal(e), même pas coupable, juste à point pour ne plus croire en rien, consommer et vous consumer.

À moins  qu’il reste encore quelque chose à tenter, peut-être déplacer l’amour, planter, semer, ne plus rien compter, ouvrir la porte sans attendre. Allez, cessez le noir, le rouge vous va si bien.

+  La Serre à Orgueil : un drôle de nom

28/ 09/ 2009 : L’inauguration, et déjà les amis

Nous y étions un peu perplexes sur nos chances de succès, mais bien là, avec affection et énergie. L’inauguration serait dans quelques heures, et un simple panoramique sur la situation suffisait à nous dire que la moindre nano seconde de retard supplémentaire, nous condamnerait au plantage. Mais on est des pros. Accrochez une expo avec Krunk, ou plutôt laissez le faire. Rapide et efficace. D’abord il voit tout en 3D, les équilibres, la perspective, la lumière, ensuite avec une épingle, il vous fait une vis, et en plus il est cool. Nous étions tous redoutables, et d’ailleurs sur ce coup-là, nous étions choisi(e)s des dieux, jusqu’à preuve du contraire qu’ils n’existent pas. D’aiguilles en vis, de bouquets en claustras, et de fils en gamelles, le punch fut frais, le buffet dressé, les œuvres s’éclairèrent, nous étions au taquet, on rayonnait. Les premiers convives s’annonçaient déjà, que nous découpions encore le lino rouge, à peine collé serpillié séché, la douche, on se change, on se regarde, ben ça va. Nous sommes prêts, mais à quoi ? à tout ? alors on ouvre la porte… Celle-là même qui restera ouverte pendant 20 mois à St Bruno. Et ils arrivent, les amis, la famille, les voisins Avec deux balles et un rêve, on a réalisé un truc très beau mais pas seulement : on est chez nous, c’est la Serre à Orgueil. Ça sent la fragilité à plein nez, mais aussi les arts, la cuisine et l’espoir.

20090928 inauguration
20090928 inauguration

20090928 inauguration

20090928 inauguration

« + » 07/09/2010  Grappe’s la gastronomie avec un grand V.

Grappe's l'affiche
Grappe’s l’affiche

 

« + » 13 février 2011 : Recette 20110213.

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Les ingrédients : Là, nous, on était 13: Artistes, plasticiens, photographes, musiciens, écrivains, grapheurs, aquarélistes, sculpteurs, scénographes, modèles. De la peinture, du maquilllage. et des tas de trucs… Des appareils photo. Un bon repas. Une énorme envie de se faire plaisir. On dit qu’on va faire du «body painting». C’est quoi ?

28 et 29 mars 2014 les dessous du pamplemousse.

Une belle histoire quoiqu’un peu fatigante, mais cela valait bien le coup. Nous n’en étions pas à notre coup d’essai. L’Albenc Beach, c’est notre base arrière et ce champ en face de nous a quelque chose d’attractif. On y a fait des méchouis, des apéros, des rencontres artistiques, on s’y est vautré, et là… c’est venu de quoi déjà? Va savoir, peut être un caprice céleste. Bref, on a construit un village, et on s’est retrouvé à 150 bénévoles, cuisiniers, artistes, techniciens, poètes, graphistes, développeurs, petites mains en tout genre, à se retrousser les manches. Il en est résulté un tel sentiment de « famille », qu’on en a gardé l’idée de recommencer… dans de meilleures conditions logistiques et financières préalables, (non encore réunies et d’ailleurs…). Ensuite, faire un truc comme ça en plein champ au mois de février, c’est forcément un défi. Vouloir lui accoler une mission locale de socialisation, d’éveil culturel, de sensibilisation artistique, c’est encore mettre la barre plus haute. Prétendre bien accueillir et nourrir tout le monde en quantité et sainement à petits prix, là, c’est carrément loufoque. Imaginer qu’au final, on n’ait à regretter aucun incident, mais au contraire qu’à se satisfaire d’un comportement exemplaire du public, et bien, disons que si ça vous arrive, il y a de quoi brûler un cierge. Nous, on a fait un brasero énorme, c’est peut-être grâce à ça… (« ou ça la grâce »).

28 février 2015 : Forum de la désobéissance citoyenne à Fontaine.

D’abord notre capacité à la restauration événementielle commence à être reconnue, et ensuite la « désobéissance » nous colle à la peau. Le voisinage amical avec la mairie de Fontaine a fait le reste, et nous voilà embarqué(e)s dans l’aventure. Réunions préparatoires, transformation des énergies, coordinations de toutes sortes. La partie « organisation » a été un peu coton, avec en toile de fond, le mot « désobéissance » qui, même accolé à « citoyenne » renvoie chacun(e) à sa (ses) postures sociales, sa maturité, ses convictions, et inévitablement quelques intérêts institutionnels plus ou moins avoués.

"et si on partageait" kidiz
« et si on partageait » kidiz

En ce groupe informel de la Serre à Orgueil, ne pas demander la permission de désobéir, relève du bon sens. Dès lors que nos actions sont pacifiques, et émancipatives, on y invite même les autres. Par comparaison l’histoire nous montre que nombre d’obéissances ont précédé génocides et destructions, alors finalement on n’est pas si mal dans nos basquettes.

sauf en vertical
sauf en vertical

Pour certain(e)s ce forum a été l’occasion d’une visite touristique, pour d’autres de poser des papiers pour papivores. Mais la plupart des participants ont été véritablement engagés et solidaires, et cela été un plaisir de contribuer à toute cette mouvance. Quant à nous, et bien, cela nous a fait grandir, en conscience, et en amitiés, avec pour conséquence directe une militance alimentaire encore plus engagée.

N’étant ni culturologues, ni animatologues, nous n’avions rien à faire à la tribune avec les sociologues, les philologues, et les politologues, aussi zindignés soient-ils. Pas plus que nous n’avions notre place au salon, (une sorte d’allergie à la moquette), malgré la qualité de ce qui allait s’y produire. Aussi avons-nous laissé parler notre côté saltimbanque, et nos préférences pour le froid et les risques inconsidérés. C’est donc le parking que nous avons investi, et avec lui le thème de la désobéissance alimentaire.

feu pour frileux
du feu pour les frileux

C’est ainsi que pendant les trois mois qui ont précédé l’événement, nous avons abordé, creusé, parfois seulement survolé, différents volets liés à l’alimentation, en commençant par les éco systèmes, l’agriculture, la transformation, la distribution, la consommation, et évidemment le déchet. Au fur et à mesure que nos consciences s’élargissaient et se précisaient, nous construisions module par module, tentant, le plus souvent avec succès, de mutualiser les bonnes idées et les énergies, afin, non pas d’étayer des théories, mais au contraire, de créer des applications.

Nous avions un but: faire la démonstration que manger sain et en quantité à petit prix est possible, accessible à toutes et tous, à condition de changer un peu nos comportements, de garder un oeil critique sur les marques et labels, de partager les bons plans, et surtout de sortir des discours pour passer à l’action. Objectif atteint.

Alors en matière d’actions, on a été servis : Richard avec son sound system décroissant, les Bam’s, Tof et belle compagnie, avec un salon permaculture et éco construction ô combien riche en échanges, Alain et son chaudron à boudin magique, les compagnons d’Emmaüs, leur amitié d’abord, leur apport logistique et leur humanité incroyable, les Wasacrew comme la cerise sur le gâteau, et la liste est encore longue, avec, au moment où ces mots s’écrivent, une pensée particulière pour celles et ceux qui nous ont soutenu mais de loin, parce que politiquement clivés, mais quand même convaincus par notre démarche.

Sur place nous étions une bonne trentaine (recrues de dernière minutes comprises), toutes et tous bénévoles, nous avons allumé 12 braseros, cuisiné au Jhâr, distribué 650 vraies assiettes à 5 bouzoufs (voir menu), joué, chanté, dansé, exposé, offert et reçu, parlé graines, alternatives et avenir, avec le sentiment qu’on allait se revoir bientôt.

On a dit merci, et on le redit.

...et on le redit

Ps : Il paraît que les mairies du bassin grenoblois sont frileuses à l’idée de reconduire la désobéissance citoyenne. Ben, c’est dommage.