Quelques repères :

La Serre à Orgueil :  un drôle de nom.

Une serre, ça sert. C’est là où il fait bon semer et marcotter. Il y pousse des vies, on y aime l’eau, l’air, la lumière et la terre. Dans une serre, il a de tout, des graines, des crêches, des éducateurs et des tuteurs, des producteurs et des gourmands, des poètes et des artisans. Il y a des ados qui se la pêtent, et des filles en froufrous, il y a des vieilles grand-mères malicieuses, et puis des sculpteurs, des peintres. Dans une serre, il est bon accueillir, offrir à manger, partager, se comprendre, s’épanouir et pousser.

L’orgueil est un pêché capital, au même titre que la paresse spirituelle. L’orgueil est fort, il est aveugle, il détruit. C’est un tyran.  Sous sa domination, l’humanité s’assêche, les amours saignent, les enfants boitent. L’orgueil est un vice. Ça ne se soigne pas. Ça ne s’étouffe pas. Au mieux, ça se regarde, et peut-être se maîtrise.

Dans une serre à orgueil, on fait le tri, on creuse, on explore. C’est fait pour tenir le coup, et se transformer. On y greffe l’Orgueil avec ce qu’on trouve de mieux en soi : du respect, de la bienveillance, du don.  On y essaye des trucs qui  paraissent bons pour soi et autrui. C’est comme un labo, ou un atelier, avec ses matières et ses outils, sauf que ça sent bon la cuisine. Parfois on y crée de nouvelles saveurs, d’autres postures. Et ce faisant, on participe au monde, on s’y découvre. Là, deux talents qui s’accordent, là une générosité qui fait boulle de neige, tout ça, ça pousse, ça fleurit, ça fait des potions, des recettes, à nouveau des graines, et parfois, s’en va semer plus loin.

La suite à la prochaine nuit blanche…